A la suite des changements politiques qui traversent la Croatie en 1990, Belgrade dresse les Serbes de Croatie contre les autorités démocratiquement élus à travers le pays. Vukovar n'échappe pas à ce destin et dès le printemps 1990 de nombreuses barricades sont dressés à travers la ville par les Serbes, armés par Belgrade et désireux de conserver la position dominante qui leur étaient octroyée par un système alors en décomposition. En mai 1991, douze policiers croates sont massacrés par les milices paramilitaires serbes, les Tchetniks. L'enfer ne Vukovar ne fait que débuter.
Selon le général Tus, à l'époque chef de l'état-major des unités de la Garde nationale croate, « l'offensive sur Vukovar a commencé le 24 août par des raids aériens et des tirs d'artillerie ». Dans les jours qui suivent, l'armée serbe déclenche une offensive terrestre d'envergure, que les défenseurs croates repoussent rapidement. Après cette déroute, l'armée serbe change de stratégie. Vukovar est alors pilonnée nuit et jour depuis les positions serbes hors de la ville et victime des raids destructeurs de l'aviation serbe. Vukovar tombe alors en ruine.