LES MERES DE VUKOVAR NE PARDONNENT NI N'OUBLIENT
En cherchant nos êtres les plus chères durant ses sept longues années, il n'y a pas de mère, de père, d'épouse, d'enfant, qui n'ont, chassés de chez eux, entretenu, dans leur solitude, l'espoir: « peut-être est-il encore vivant, comment va t-il, a-t-il faim, soif, est-il malade, épuisé, le maltraitent ou le tapent-ils... »
Nous avons chercher des réponses auprès des puissants de ce monde qui nous ont répondu : "ceci est une sale guerre, vous êtes tous les mêmes".
Sommes-nous tous les mêmes ? Non Messieurs ! Nous avons défendu nos demeures, notre famille, notre terre natale, notre Vukovar. Nous avons réussi. Aujourd'hui Vukovar est de nouveau croate. Mais les victimes sont nombreuses, trop nombreuses. Une horde déchaînée d'assassins, de tueurs, sous le commandement de l'armée populaire yougoslave (JNA) et de ses officiers, parmi lesquels Sljivancanin, Mrksic et Radic sont entrés dans la ville qu'ils ont pendant cent jours impitoyablement bombardé. Tous ceux qui ne sont pas serbes furent exécutés. Afin de dissimuler les crimes commis, ils creusèrent des fosses communes loin des yeux du public. Ils tuèrent avec cruauté les résistants, les blessés et les civils. Les blessés de l'hôpital furent exécutés à Ovcara et à d'autres endroits.
Ces derniers jours, depuis bientôt deux mois, raisonnent les cris provenant du Nouveau cimetière « Dubrava » à Vukovar, où sont exhumés et identifiées environ 1200 personnes tuées en 1991. Des funérailles dignes chaque samedi. Des larmes, des pleurs, des cris, « mon fils, mon fils ». Et alors que nous enterrons nos êtres aimés, les assassins se promènent librement à travers Vukovar, Belgrade et toute la Yougoslavie. La communauté internationale décide du pardon, de l'amnistie, de la cohabitation. Pour eux La Haye n'existe pas, il existe pour les Croates. Ils sortent du placard Dinko Sakic, c'est d'actualité, mais ce qui s'est passé il y a sept ans doit être pardonné, oublié.
Aujourd'hui nous leur faisons savoir :
NON MESSIEURS, NOUS N'OUBLIERONS PAS, NOUS NE PARDONNERONS PAS!