Vukovar, position géographique

Vukovar, position géographique
Vukovar est une ville de l'Est de la Croatie, à la confluence du Danube et de la Vuka et située à la frontiere des régions historiques de la Slavonie orientale et du Srijem occidental. Vukovar est aujourd'hui la capitale du comté Vukovar-Srijem. C'est la plus grosse ville du rivage du Danube elle est situé a 20 kilomètres à l'Est de Vinkovci et à 36 kilomètres au sud-ouest d'Osijek.

Carte: la Croatie apres la réintégration pacifique de la Slavonie orientale (1998)

# Posté le mardi 30 mai 2006 15:41

Vukovar, bref aperçu historique

Vukovar, bref aperçu historique
Vukovar, au confin de la Hongrie et de la Serbie, est posée sur la terre croate depuis des siècles, précisément à l'Est de la région slavone. La présence humaine est l'une des plus anciennes connue dans le bassin pannonien. Le symbole de la ville et d'ailleurs une colombe provenant d'un vase en céramique de l'âge de bronze (2000 av JC) découvert sur les lieux-mêmes. Suite à l'arrivée des croates au VIIème siècle, la ville se développe à partir de la forteresse médiévale de Vukovo. Elle obtient ses premiers privilèges en 1231 et deviendra après les avaries de l'occupation turque la propriété des comtes d'Eltz au début du XVIIème siècle. Ce sont ces mêmes comtes qui lui donneront son cachet baroque. Croate dans l'âme au cours de son histoire, Vukovar l'est encore par le nombre au recensement de 1990, en dépit de brassages de population (43% de croates, 37% de serbes)
A la veille de la guerre Vukovar, située au bord du Danube, juste à la frontière serbe tracée par le fleuve est réputée pour son industrie du caoutchouc et la culture des vignes y rendent la vie aisée.

# Posté le mardi 30 mai 2006 15:43

Modifié le lundi 04 septembre 2006 11:48

Résumé de la tragédie de Vukovar (1): une ville prise au piège

Résumé de la tragédie de Vukovar (1): une ville prise au piège
A la suite des changements politiques qui traversent la Croatie en 1990, Belgrade dresse les Serbes de Croatie contre les autorités démocratiquement élus à travers le pays. Vukovar n'échappe pas à ce destin et dès le printemps 1990 de nombreuses barricades sont dressés à travers la ville par les Serbes, armés par Belgrade et désireux de conserver la position dominante qui leur étaient octroyée par un système alors en décomposition. En mai 1991, douze policiers croates sont massacrés par les milices paramilitaires serbes, les Tchetniks. L'enfer ne Vukovar ne fait que débuter.

Selon le général Tus, à l'époque chef de l'état-major des unités de la Garde nationale croate, « l'offensive sur Vukovar a commencé le 24 août par des raids aériens et des tirs d'artillerie ». Dans les jours qui suivent, l'armée serbe déclenche une offensive terrestre d'envergure, que les défenseurs croates repoussent rapidement. Après cette déroute, l'armée serbe change de stratégie. Vukovar est alors pilonnée nuit et jour depuis les positions serbes hors de la ville et victime des raids destructeurs de l'aviation serbe. Vukovar tombe alors en ruine.

# Posté le mercredi 31 mai 2006 09:12

Résumé de la tragédie de Vukovar (2): une resistance héroïque

Résumé de la tragédie de Vukovar (2): une resistance héroïque
Les moyens militaires rassemblés par l'agresseur serbe sont impressionnants : environ 50 000 hommes très bien armés appuyés par plus de 600 tanks et autres blindés, un nombre important de pièces d'artillerie lourde, des navires de guerre croisant sur le Danube, des escadrilles de chasseurs bombardiers, menacent alors la ville slavone. La résistance croate s'organise autour des 700 membres de la 204e brigade de la Garde nationale croate (ZNG) appuyés par environ 1000 volontaires. Les « défenseurs » croates sont faiblement armés : quelques fusils automatiques, des mitrailleuses, des mortiers, quelques mines, assortis d'une modeste réserve de fusils, étaient censés répliquer aux moyens considérables rassemblées par Belgrade.

La vie s'organise tant bien que mal dans les sous-sols de la ville. L'approvisionnement en nourriture et produits sanitaires est assuré par un corridor tracé par les défenseurs croates à travers des champs de maïs et rejoignant les villages de Marinci et Bogdanovci. La résistance des défenseurs croate est héroïque; à l'arme individuelle, ils repoussent les assauts des troupes serbes auxquels ils infligent de lourdes pertes. Ainsi, entre le 14 et le 20 septembre 1991, les défenseurs de Vukovar détruisent 130 tanks serbes et autres blindés. La route de Trpinje, théâtre de ses exploits de la résistance croate emmenée par le désormais légendaire Blago Zadro, est alors baptisée le «cimetière des tanks ». Quand, durant le mois de novembre, l'Armée croate entreprend avec succès une incursion dans Vukovar exsangue, elle sera immédiatement sommée de mettre fin à cette action par les représentants de la communauté européenne.

Selon les experts militaires, un tel rapport de force condamnait Vukovar à tomber aux mains des Serbes en à peine deux jours. Au total, Vukovar résista 86 jours.

# Posté le mercredi 31 mai 2006 09:28

Résumé de la tragédie de Vukovar (3): la chute de la ville

Résumé de la tragédie de Vukovar (3): la chute de la ville
Le pilonnage systématique de Vukovar par l'artillerie et l'aviation serbe ajouté au manque de moyens des défenseurs de la ville affaiblissent la résistance croate. Le 14 novembre, l'Armée populaire yougoslave pénètrent dans la ville alors dévastée, et met fin aux dernières velléités défensives croates, de Vukovar à Borovo Naselje. Le 18 novembre, Vukovar tombe aux mains des Serbes.
A l'entrée des forces serbes dans la ville, Vukovar est totalement détruite. Les écoles, hôpitaux ainsi que les monuments historiques n'ont pas été épargnés. Les forces serbes se rendent dès lors coupables de crimes atroces, torturant et massacrants sans distinctions défenseurs et habitants de la ville. La preuve que la barbarie serbe lors du siège du Vukovar n'a épargné personne est rapportée par l'âge de la plus jeune victime : Ivan Kljajic âgé de seulement six mois. Les personnes, ayant trouvé refuge dans l'hôpital de la ville, pour la plupart des civils mais également des combattants croates, connaissent un sort tout aussi tragique. Bien que l'évacuation pacifique de l'hôpital ait été négociée à Zagreb entre le gouvernement croate et les représentants de l'armée yougoslave, une partie des personnes y ayant trouvé refuge est déportée dans des camps en Serbie.

Dans la nuit du 19 au 20 novembre, 261 patients de l'hôpital sont emmenés à 4 kilomètres de Vukovar et liquidés à Ovcara. Deux colonnes quittent alors Vukovar : l'une composée de réfugiés se dirigent vers les lignes croates. L'autre, composée de prisonniers part en direction de la prison de Sremska Mitrovica ou de camps en Serbie.
Au total, 1700 personnes ont trouvé la mort à l'occasion de la défense de Vukovar (dont 1100 civils) auxquels s'ajoutent plus 4000 blessés, et plusieurs milliers de personnes disparus. Plus de 5000 personnes ont été emmené dans des camps en Serbie où elles ont été victimes de traitement atroces.

# Posté le mercredi 31 mai 2006 09:30